Électricité à Kinshasa : Teddy Lwamba explique la recrudescence des coupures
Kinshasa fait face à une nouvelle dégradation de la desserte en électricité. Depuis plusieurs semaines, de nombreux quartiers de la capitale congolaise subissent des coupures prolongées, avec une alimentation parfois limitée à quelques heures par jour.
Réagissant à cette situation lors d’un point de presse tenu jeudi 1er octobre 2026, le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba Muba, a expliqué que cette baisse de la desserte s’explique principalement par la diminution de la capacité de production, à laquelle s’ajoutent des contraintes techniques et hydrologiques.
Le G25 à l’arrêt
Parmi les principales difficultés évoquées figure l’arrêt du groupe G25. Remis en service en novembre 2025, cet équipement avait permis de réinjecter près de 193 mégawatts dans le réseau.
Son arrêt pour des opérations de contrôle technique représente donc une perte importante pour le système électrique de la capitale.
« En novembre 2025, on a mis en service le G25, qui revenait avec 193 mégawatts. Aujourd’hui, pour des raisons de contrôle technique, il est à l’arrêt », a expliqué Teddy Lwamba.
À cette perte de capacité s’ajoute un autre facteur : la baisse du niveau des eaux, particulièrement sensible durant cette période de l’année.
La baisse du niveau des eaux pèse sur la production
La RDC dépend largement de l’hydroélectricité pour sa production nationale. Lorsque le niveau des cours d’eau diminue, les capacités de production des centrales hydroélectriques sont directement affectées.
Selon le patron de la SNEL, la période allant de juillet à la mi-octobre constitue une phase particulièrement difficile.
« Dans cette période spécifiquement, partant de juillet jusqu’à mi-octobre, il y a une baisse drastique du niveau d’eau », a-t-il indiqué.
Cette situation contraint également la SNEL à limiter ou à arrêter temporairement certaines machines lorsque les conditions hydrologiques ne permettent pas leur fonctionnement normal.
De 700 à environ 400 mégawatts
La différence avec la situation observée quelques mois auparavant est considérable.
Entre le 11 juin et le 15 juillet, la SNEL affirme avoir atteint un niveau d’injection d’environ 700 mégawatts à Kinshasa. Cette période avait notamment été marquée par une amélioration sensible de la desserte dans plusieurs quartiers de la capitale.
Depuis, la capacité disponible a fortement diminué. La SNEL estime actuellement l’injection destinée à Kinshasa entre 390 et 450 mégawatts, avec environ 50 mégawatts supplémentaires récupérés ponctuellement auprès du secteur industriel afin de renforcer l’alimentation des ménages.
Jusqu’à 16 heures de coupure par jour
Cette baisse de production se traduit directement par un renforcement du délestage.
Dans certaines zones, les habitants ne disposent désormais que de quelques heures d’électricité sur une journée. La SNEL fonctionne ainsi par rotations afin de répartir au mieux l’énergie disponible entre les différents quartiers.
« Généralement, nous sommes dans un délestage de 16 heures sur 24 », a déclaré Teddy Lwamba, précisant que certaines zones peuvent désormais connaître des périodes d’alimentation encore plus réduites.
La situation reste donc particulièrement tendue, alors que la demande en électricité continue d’augmenter dans la capitale.
Le solaire et les centrales flottantes parmi les pistes envisagées
Pour faire face à cette insuffisance de production, la SNEL étudie plusieurs solutions. Le développement de centrales solaires photovoltaïques figure notamment parmi les options envisagées. Leur mise en œuvre nécessiterait toutefois plusieurs mois.
La SNEL envisage également une solution plus rapide : le recours à des centrales électriques flottantes.
À ce sujet, Teddy Lwamba a évoqué le modèle de Karpowership, un opérateur turc qui fournit déjà de l’électricité à plusieurs pays africains, notamment au Nigeria et au Kenya.
« Pourquoi pas nous ? Ça veut dire que nous avons dit aussi que nous allons sauter sur cette opportunité, l’amener chez nous », a-t-il déclaré.
Le financement reste un obstacle
La mise en place d’une telle solution dépend cependant des capacités financières du pays. Le directeur général de la SNEL reconnaît que le coût d’une centrale flottante pourrait être supérieur aux conditions actuellement appliquées sur le marché congolais de l’électricité.
À court terme, le rétablissement d’une desserte plus régulière à Kinshasa dépendra donc principalement de la remise en service du G25, de l’évolution du niveau des eaux et des mesures que la SNEL pourra mettre en œuvre pour augmenter rapidement la capacité disponible.
En attendant, les habitants de la capitale devront continuer à composer avec un délestage important, alors que la SNEL tente de maintenir l’équilibre entre une production limitée et une demande toujours croissante.